prix Arthur-Rimbaud 2000

lauréat du Prix Arthur Rimbaud 2000 avec le recueil « les rires de larmes »
(organisé par le ministère de la culture et des sports et la maison de poésie présidée par Jacques Charpentreau).
un recueil « cela s’appelle l’aurore » fut édité à cette occasion, en collaboration avec les élèves de l’école Estienne de Paris.



avale-Anges. –

pas d’inquiétudes
tout s’arrange tout se dérange
tout se range dans les tiroirs de la mémoire
et comme les miroirs en avalant les images
ton image dévalera avant même que je la ravale
dans l’avalanche des oublis
dans les oubliettes de l’avie
la vie et la tienne les vicissitudes et les envies
dévieront dériveront s’enverront loin des rives
pour mieux revenir
raviver dans les tiroirs de ma mémoire
tes images qui adviennent que pourront
pour mieux en faire souffrir
le soufre de mes envies
dans les affres de ma vie
alors pas d’inquiétudes…


Canal Saint-Martin. –

rue du Soleil
il a plu
il a fait beau
et le temps a accouché de la rue Arc-en-Ciel.

rue du Jour
il faisait nuit
seules brillaient
la rue du Croissant
et une certaine Constellation.

place Blanche
j’ai vu la rue Bleue
crier après la rue Violet
jalouse de la place Brune
qui l’a serrée de trop près.

rue aux Ours
la grande Ourse s’est éclipsée
vivre une neuvième vie
rue du Chat-qui-Pêche.

sur le quai de l’Horloge
je suis arrivé en retard
dans la rue du Cherche-Midi
il était déjà 13 heures
mais tu n’es pas venue t’es pas venue

alors j’ai couru
rue de l’Espérance
mais tu n’y étais pas t’y étais pas
te serais-tu perdue rue de la Fidélité
ou rue Mouffetard
la rue des p’tits grecs et des sorcières ?

le Panthéon dit non
la tour Eiffel te montre du doigt
et l’Arc de mon Triomphe
place de ton Etoile…

mais te voilà déjà qui repars rue Rivoli
et sous le pont Mirabeau coule ma peine
et sous le pont des Arts
coulent mes poèmes.

passage du Souvenir
je me souviens rue Juillet
et le pré-baiser qui l’accompagnait
passage Janvier et son solstice d’hiver
la cour de Juin et son 21 maudit.

mais rue 4-7 je t’aperçois
au Sacré-Cœur
le cœur en haleine
te voilà enfin
je t’offre rue des 5 Diamants
pour notre rue des 2 Anges
pour toi mon Carrousel du Louvres
ma rue Sainte-Cécile.


toi /Elle. –

la mer attriste et ofre son bleu
sur nos paupières pour tempérer nos larmes
et taire nos silences
Elle ne voit pas mon cœur qui saigne à blanc
l’incompréhension qui m’habite
et mon espoir abattu en pleine gloire
Elle ne fait que vivre
comme si de rien n’était
de plein pied dans l’histoire
mais sans s’y prêter
Elle voit bien que je suis noir
mais fait semblant de m’aimer
elle m’attriste la mer
je voudrais la noyer
et plonger dans tes yeux verts
pour gagner sur cette terre
la bataille d’eau salée
et pour faire de nos rivières
des océans de proximité.

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